Bacs à dissolution lente
L’art dans les chapelles - 07/1995

Les Bacs à dissolution lente sont des contextes pour la dissolution de documents en papier.

Ils peuvent contenir de l’eau qui pourra accélérer le processus de transformation et d’altération des feuilles de papier. En ce sens, ils sont des programmes pour la transformation d’autres oeuvres, une introduction à une réflexion sur la mémoire.

Texte d’accompagnement, dactylographié, photocopié et disposé dans les bacs.

Envisager et tracer les tensions, les forces qui unissent et séparent deux espaces temps distincts par définition, établir un tissu de réflexions entre les notions de domesticité, de transmissibilité de l’information, de publication, tel est l’enjeu directeur de l’installation qui regroupe quatre pièces extraites de la série des bacs à dissolution lente.

L’eau, comme élément de la domesticité, prend place sur un axe de consommation individuelle essentiel. L’individu s’intègre dans le réseau complexe des manipulations de l’eau. En cela, l’identité conceptuelle de l’eau peut s’apparenter à celle de l’information. La mise en interactivité, résonnance s’opère avec évidence, elle implique un environnement, un contenant, lieu de l’expérience : les «bacs à dissolution lente».

Ils sont ici réalisés sur la base de matériaux de récupération, eux-même issus d’objets fonctionnels domestiques, plus rarement d’outils de production alimentaire. La construction sur la base de matériaux de récupération induit la pérennité des concepts liés à leur fonction d’origine.

La redistribution, où réorganisation au sein des formes proposées des éléments précités construit progressivement l’ossature d’une réflexion plastique. Elle est l’acte de sculpture qui trouve une finalité dans la publication, ou plus globalement, la transgression du réel domestique comme sensation individuelle d’existence sur les axes de transmission de l’information.

Lorsque les techniques se modifient, certains des phénomènes humains constituant une culture se modifient moins vite et moins radicalement que les objets techniques: les institutions juridiques, le langage, les coutumes, les rites religieux, se modifient moins vite que les objets techniques. Ces contenus culturels à évolution lente, qui étaient jadis en relation de causalité réciproque, dans une totalité organique constituant la culture, avec des formes techniques qui leur étaient adéquates, se trouvent maintenant des réalités-symboles partiellement en porte-à-faux (Simondon cité par Hottois; 1993: 52).

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